Boogie nous parla de ce qui est propriété d’œuvres avec des distinctions marquées entre les droits français et anglais. En France, nous jouissons à jamais de la propriété morale de l’œuvre, alors qu’en Angleterre, par exemple, une œuvre peut cesser de nous appartenir si l’on en vend les droits.
Pour justifier de la paternité d’une œuvre, il suffit de le dire : « cette œuvre est à moi ! » et d’en prouver la date de publication, donc l’antériorité.
Bien sûr, il nous présenta aussi la Copyleft attitude, cette philosophie du libre basée sur la libre diffusion, l’échange pour ne pas garder nos vues de l’esprit dans un coin mais les essaimer au plus grand nombre. Et ça, franchement, qu’est-ce qu’il en parle bien le chef !
Une présentation des licences Creative Commons s’imposa alors. Une découverte pour certains, un rappel pour d’autres, mais une notion très instructive pour tout le monde.
Boogie enchaîna alors avec Inlibroveritas, THE SITE. En effet, bien des choses sont uniques dessus et à nul autre pareil. J’en veux pour preuve la lecture en plein écran avec un accès spécial pour les mal-voyants, donc l’ouverture au plus grand nombre possible.
L’auditoire fut sensibilisé à toutes les possibilités du site et des questions judicieuses naquirent par après.
Boogie décrivit aussi son histoire, la genèse d’ILV, et j’appris ainsi que Thomas Boitel (Wicked) développe le site de Finlande.
Lorsque Boogie parla de son métier d’éditeur, là le choc fut le plus grand pour les personnes non au fait d’ILV. « Mais comment vous voulez vendre des livres, si on peut les lire gratuitement sur le site ? » L’incompréhension. Il est fou !
Boogie nous mit tous d’accord par une seule question : « Qui préfère lire un texte dans un vrai livre, plutôt que sur un écran ? »
Tout le monde, sans exception, leva une main. Sourires.
Et en décrivant les livres à la carte, Boogie nous fit comprendre qu’au vu de l’infinité de combinaisons possibles, il était l’éditeur ayant le plus grand catalogue à sa disposition.
Ce qui me plut aussi est cette idée de culture à sauver, de ne pas laisser mourir des livres sous raison de protection. Certains préféreront garder une sauvegarde d’un livre unique sous coffre-fort bien à l’abri des regards, et lorsque le livre tombera en poussière, la sauvegarde ne sera même plus lisible ou simplement accessible aux nouvelles technologies. Alors qu’en la diffusant gratuitement sur le net, elle reste en vue, accessible, donc lisible.
Des pans entiers de la culture se perdent ainsi par la volonté de certains qui ont peur du gratuit, de la libre diffusion.
L’exemple du bouquin des éditions Valhermeil sur ILV fut d’ailleurs cocasse. « Oui, mais si tout le monde peut lire le livre, qui va m’acheter les bouquins que j’ai depuis quinze ans dans la cave ? » « De toute façon, aucun n’est vendu, car ils traînent dans la cave, alors que risquez-vous ? » À méditer !

L’intervention dura près de deux heures et alors qu’en temps ordinaire, après l’équipe du matin, je fais la sieste l’après-midi, aucune fatigue, aucun bâillement, juste l’intérêt suscité par les paroles de Boogie qui connaît parfaitement le sujet et sait capter l’auditoire.
Alors qu’ILV n’existe finalement que par l’émergence d’Internet, j’étais étonné de découvrir tant de personnes âgées présentes et ouvertes à l’idée de la littérature équitable.
Un très beau concept !

Des applaudissements saluèrent la performance de Boogie qui remit le premier Petit Bouquin du Libre à la médiathèque. Instant immortalisé par Fredelborgne.

Après nous nous retrouvâmes, Boogie, Fredelborgne, du personnel de la médiathèque et moi-même dans une salle de détente à discuter. De quoi ? Littérature bien sûr et ILV en particulier.
Ce que je sais, c’est que Boogie a des idées plein la tête, qu’il nous promet des surprises dans les temps à venir. D’ailleurs il n’a rien voulu dévoiler quant au prochain titre de la collection Petit Bouquin du Libre qui devrait nous surprendre…
Vers les 18H00, nos chemins divergèrent : Boogie et Fred en direction de la gare et moi, retour à la maison en voiture.
Ce ne fut pas sans un pincement au cœur que je les laissai : quand se reverra-t-on ? Nous avions encore tant de choses à dire…
Les deux veinards ont pu continuer à parler boutique.

Au final, je suis heureux comme un gosse d’avoir rencontré le créateur du site ILV et un des ses grands acteurs, Fredelborgne. Le vendredi après-midi fut placé sous le signe de l’échange, du partage, de la libre diffusion des œuvres permise par la Copyleft attitude. Toute une philosophie !
Si vous avez un jour la chance de voir passer Boogie près de chez vous, n’hésitez pas à y aller, il est gentil comme tout et si intéressant à écouter lorsqu’il nous parle de sa passion : la littérature équitable.

François SCHNEBELEN

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