- Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ?
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Quand j'étais petite, j'ai dit un jour à mon frère que je serai maîtresse d'école, écrivain et que je me marierai avec un docteur. Mon frère a pouffé de rire : « quoi ? Toi, écrivain ? Puf ! Tu ne sais même pas aligner trois mots sans faire de fautes ! », m'avait-il dit. Il avait raison concernant les fautes d'orthographe. À l'époque, j'avais envie d'écrire une montagne de choses, mais tous les mots que j'avais dans la tête, j'étais incapable de les écrire. Je collectionnais les zéros en dictée, d'ailleurs. Si, si... Ce qui me mettait très mal à l'aise. Les années ont passé, puis est arrivé le moment où j'ai enseigné. Pas en tant que maîtresse d'école, mais en tant que formatrice. Ensuite, j'ai épousé un docteur. Oh, pas un médecin, non, un docteur es sciences. Pourtant, je n'ai pas forcé le destin. Mon mari était étudiant tout comme moi et nous avons gravi pas à pas les marches de l'université, lui en sciences et moi en lettres modernes puis en sciences du langage. Jusqu'à ce qu'il devienne docteur en biochimie et moi rédactrice. Je crois qu'on n'échappe pas à son destin. Depuis, j'écoute avec beaucoup d'intérêt ce que disent les enfants. Je crois que l'on sait ou que l'on ressent plus ou moins, dès notre plus tendre enfance, les chemins que l'on va suivre consciemment ou inconsciemment. La petite fille qui collectionnait les zéros en orthographe a fini par faire un atout de son handicap. Je me suis battue de toutes mes forces pour dompter ces mots qui me causaient tant de maux. Il m'a fallu des années pour y arriver et le résultat est là ! L'écriture, chez moi, est devenue un vrai plaisir lorsque j'ai su comprendre les mécanismes linguistiques de notre langue et surtout lorsque j'ai découvert de grands écrivains, des vrais qui m'ont fait vibrer... Oh, bien sûr, je n'aurai pas la prétention de dire que je suis écrivain. Je vais dire plutôt « apprentie auteure ».
- Que vous évoque l'oeuvre publiée ? Et dans quelle circonstance a-t-elle vue le jour ?
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« Atavique trésor » est un texte qui a été écrit pour un concours de nouvelles. Cet été, je me suis dit : « ma grande, tu ne fais plus que de la correction de texte (c'est mon gagne-pain aujourd'hui) si tu ne veux pas perdre la main, il faudrait peut-être que tu te remettes à l'écriture ». J'ai donc eu l'idée de participer à des concours pour écrire autre chose que des fiches produit, des rapports, des articles (c'est ce que j'ai fait pendant quelques années en tant que rédactrice). En surfant sur la toile, j'ai découvert des sites qui listaient des concours organisés dans toute la France. Le concours de Triel-sur-Seine a retenu mon attention. Je trouvais le thème sympa et il m'a tout de suite inspiré. « Atavique trésor » est sorti tout droit de mon imagination. Je me suis beaucoup amusée à écrire ce texte. Il n'a pas été primé, mais j'avais envie malgré tout d'en faire quelque chose, du moins d'en faire profiter les autres plutôt que de le laisser dormir dans un tiroir.
- Cette oeuvre est-elle un reflet de vous-même ?
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Non, pas ce texte-là. Enfin, du moins pas dans les personnages que je décris. Il y a un peu de moi dans la morale que je donne à la fin. C'est-à-dire que les meilleurs trésors ne sont pas ceux que l'on croit. Je le répète souvent aux gens que l'argent, ça part et ça vient. Il ne doit être qu'utilitaire et non pas une quête perpétuelle. La vie est courte et elle mérite mieux que cela. |